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Jet d’encre

« Mon royaume pour une guitare » de Kidi Bebey

lundi 6 février 2017, par Doszen

« Une narratrice revient sur son histoire familiale et la vie de ses parents qui, quittant le Cameroun pour suivre leurs études, tombèrent amoureux en France où ils fondèrent une famille.
Le formidable destin d’une famille dont le père va transcender les difficultés du grand départ et laisser sa passion pour la musique bouleverser sa vie. »

Editeur

C’est un très bel hommage à la figure paternel, à la vie familiale en générale. Kidi Bebey nous offre un récit tendre et rempli d’amour, avec des clins d’œil historique de cette vie de français venu d’Afrique dans les années 60-80 et surtout, en fond d’écran, l’histoire difficile des moments d’indépendance du Cameroun. La Vie en France est, il est vrai, celle d’Africain privilégies vivant dans le 15ème arrondissement de Paris (Francis Bebey est alors fonctionnaire international de l’ONU), mais Kidi montre tout de même le racisme de l’époque, et surtout la communauté intellectuelle qui existe en ces temps là.

Le grand intérêt du livre est dans l’histoire de l’oncle Marcel, le maquisard qui avec Um Nyombé a fait parti de cet UPC qui a tenté de rendre le Cameroun aux Camerounais, avec d’échouer dans une prison politique. Kidi Bebey montre un Francis "obéissant" aux injonctions de son frère de ne pas rendre "tant que la situation ne le permet pas", mais une autre lecture pourrait aussi être que le petit frère n’a jamais eu les "cojones" du grand frère.

Ce qui est très, très intéressant dans ce récit c’est le fait que Kidi Bebey montre que, déjà, une rupture se produit entre les immigrés de première génération que sont les parents et leurs 5 enfants. Les parents vient 20 ans dans le fantasme du "retour chez nous" quant, déjà, on voit que la notion de "chez nous" n’est plus du tout la même pour Kidi et ses sœurs et frères. C’est une réalité de cet ’immigration "sans retour" que vivent encore les africains. Des parents qui espèrent un retour au pays qui ne viens jamais, et élèvent leurs enfants "à moitié dedans". La façon dont c’est évoquée est très intéressante.
L’engagement du récit, s’il n’est pas politique, est ici dans la façon de rendre hommage à une figure importante de la musique africaine.

Très belle écriture, tendre et fluide. Le livre se lit sans à coup, mais on peu lui reprocher son manque d’imagination. La narration est linéaire mais pas plombante. Le livre est donc très lisible, facilement accessible.
Là où le bas blesse c’est dans l’originalité. Le livre est très sympathique mais on a l’impression que, une fois refermé, on passe à autre chose. Il n’y a pas d’épisodes marquantes pour un lecteur, et le personnage charismatique de l’oncle Marcel est trop dans l’ombre, ce qui est dommage.
C’est cependant une belle découverte que j’ai fait là, découverte de l’auteure mais aussi et surtout découverte de l’homme Francis Bebey. A lire !


Mon royaume pour une guitare

Kidi Bebey

Michel LAFON

Extrait de la rencontre "Palabres autour des arts" qui a consacrée une chronique au livre

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