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Jet d’encre

« Quand tombent les lumières du crépuscule... » de Jussy Kiyindou

jeudi 12 mai 2016, par Doszen

« Ces deux nanas ont dû se mettre d’accord pour pondre cette aberration. Bon, ça commence à m’énerver. Je n’ai pas envie de commencer ma journée avec une rage. Michael Jackson ne peut pas être mort. Tous les profils que j’ouvre n’en finissent pas de rabâcher le même message. Il y a des RIP à toutes les sauces. A croire que tous mes contacts se sont passés le mot ou quoi ? Bon, je vais m’en remettre à Claire Chazal. Elle doit savoir. Elle sait toujours. C’est ce qu’il y a de plaisant avec cette femme. S’il y a bien une informée c’est elle… »

« Quand tombent les lumières du crépuscule... » – Jussy Kiyindou

Parce que ce sont les éditions Présence Africaine, parce que les "Terre Ceinte" (Mohamed Mbougar Sarr) et "Un Dieu et des mœurs" (Elgas) m’avaient mis une gifle littéraire, je me suis laissé tenter par le "Quand tombent les lumières du crépuscule..." de Jussy Kiyindou. Je m’y suis plongé dans une chaleureuse expectative très vite... douchée, j’en ai peur.
Douché par la première partie de ce roman qui débute comme un retour aux sources mentales d’un personnage qui vient de perdre son grand-père, et qui part ensuite dans tous les sens.

Moi qui aime les constructions originales, la recherche dans la structure d’un roman, je n’ai pas été, surtout au début, emballé par le fratras chronologique dans lequel le personnage nous plonge pour parler des siens (grand-père qui vient de décéder, père – ou oncle ? – mort dans l’accident du DC 10 de l’UTA , etc...), de ses amis, de ses amours, de lui. L’originalité de la construction n’a, malheureusement, pas, totalement, sauvé une histoire qui, au final, ne soulève chez moi pas l’once du plus petit intérêt
Le roman nous perd tellement que, quelques jours après sa lecture, il m’en reste des lambeaux, plutôt jolies, des impressions, plutôt positives, mais rien de marquant et je me permet simplement d’en mettre le résumé de l’éditeur :

"Quand tombent les lumières du crépuscule... l’errance d’un jeune dans des lambeaux de vie. C’est le roman de son itinérance, d’une longue marche vers le pays lointain, sous la grinçante symphonie des kalachnikovs. Journal d’un retour au pays natal, le Congo, à la mort du grand-père, en son absence. À travers les entrelacs des scènes vécues, dans la tourmente de la guerre civile et les souvenirs de famille, l’auteur tisse entre ombre et lumière son récit, dans un désir de faire le lien entre hier et aujourd’hui, entre ici et là-bas."

Outre le foisonnement des sujets traités, le ton choisi pour la narration de ce - court – roman m’a surpris car il est tellement plombant qu’il ferait se suicider Mister Bean lui-même. Pourquoi choisir cette écriture de dépressif, notamment dans la première partie du roman, pour un récit qui met en scène un personnage qui n’a, finalement, rien vécut de terrible mais qui se raconte comme si toute sa vie il avait dû faire le safari entre les machettes d’une vie de martyre.

Puis, après la première moitié du récit faite d’une écriture sans relief, presque scolaire, mais dont la narration n’était sauvée – malgré sa lourdeur –, à mon goût, que par la construction chronologique éclatée ; le récit se fait plus fluide, l’écriture plus déliée et le récit moins explosé façon puzzle devient plus agréable à lire. Même si les histoires n’ont rien à avoir, cette lecture me fait penser au "Remington" (Gallimard Continent Noir, 2012) de Mamadou Mahmoud Ndongo. Avec le coté autofiction en plus

Le problème avec l’autofiction, en général, c’est l’énorme risque de ne pas réussir à dépasser l’intime pour que le lecteur s’approprie le récit, de ne pas réussir à parler de soi tout en disant l’universel. Et le second tiers de ce livre nous plonge dans des tribulations très bobo parisiens, même s’il tente de garder ce lien réminiscent avec le grand-père récemment décédé, et bien que plaisant à lire ne nous laisse pas un souvenir impérissable.
Petite déception donc pour ce roman qui constitue une Jolie lecture mais un peu trop foutraque à mon goût.


"Quand tombent les lumières du crépuscule..."

Jussy Kiyindou

Présence africaine, 2015

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