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Littérature africaine

Quatre éditeurs dans l’œil du Big up !

jeudi 30 juillet 2015, par Doszen

Le pessimisme est une tendance dans laquelle nous tombons, souvent, avec trop de facilité. Cela fait des années que je partage l’avis, plutôt pragmatique, de Sami Tchak quant à la primauté des maisons d’édition hexagonale dans la publication des auteurs d’Afrique francophone. Non pas qu’il faille cracher dans la soupe proposée par Actes Sud, Plon, Grasset, ou dans une moindre mesure, Vents d’ailleurs, La Cheminante ou Zulma ; mais la présence de plus en plus importante de maison d’édition africaine, qui ont une vraie stratégie de ciblage des lecteurs africains, en Afrique, est une superbe nouvelle et un baume dans les esprits de lecteurs du continent.
Évidemment, il y a toujours les nombreuses difficultés liées à la diffusion de nos œuvres, et en cela – n’en déplaise à mes nombreux amis libraires que je soutien – les plates-formes comme Amazon sont une vraie chance pour la diffusion de nos littératures. Je voudrais faire un Big up à 4 maisons d’édition, comme ça, pour le plaisir du plaisir, vu les efforts qu’ils font :

Éditions Dagan :

Que j’ai découvert il y a 4 ans grâce à son œuvre sur les BD jeunesse. Avec une ligne éditoriale très clairement engagée. Dieudonné Gnammankou, son fondateur, a une vraie légitimité en tant que personnalité africaine (qu’il faudrait d’ailleurs mettre plus souvent en avant) et, surtout, Dagan est omniprésent dans les salons littéraires en France. Ils trouvent toujours un moyen d’être présent et nous savons combien – en termes de vente – c’est important d’être en contact direct avec le public.
Sa force, et aussi son talon d’Achille, c’est de publier dans tous les genres. Ça donne l’impression qu’il n’y a pas de ligne directrice. Très bien placé sur la jeunesse, ses BD sont de plus en plus présentes chez les libraires. Il faudrait à Dagan un gros buzz type « Ayana de Yopoungo » pour que on travail soit plus mis en exergue. La série sur Etoo’ n sera pas ce buzz.

Édition Téham :

Eux, ils spamment mon mail depuis quelques années déjà. J’aurai dû bannir leur mailling mais quelque chose m’a toujours arrêté.
J’ai aimé leur initiative « J’écris, je dis » et le large appel aux textes. Je ne les connais pas assez pour pouvoir juger de la qualité des publis, et certains prix de livres m’ont semblé incompatibles avec un public africain, basé en Afrique (20 € et 55 € vu sur le site). Et j’ai apprécié le fait qu’ils organisent de nombreuses rencontres autour de leurs écrivains, des face-à-face avec le public dont les auteurs ont besoin.

Édition-Diffusion Athéna :

Mes chouchous, évidemment.
J’ai eu l’honneur d’être publié par une vraie maison d’édition. Petite, encore en enquête d’un plus large public, mais une vraie bénédiction pour un auteur. Outre l’encrage africain – au Sénégal – et donc le plaisir de se savoir « lu par les siens », à des prix adaptés (des prix en CFA inférieurs à l’équivalent en Euros) cet éditeur fait son boulot d’éditeur. Correction, réécriture, échanges avec les auteurs … exactement ce dont sont incapables les prestataires de service du type L’Harmattan ou Edilivres. En plus ils savent dire non à vos idées farfelues de couvertures… lol
Et surtout, contrairement à de nombreux « éditeurs » qui se présentent comme tel, Athéna prends réellement des risques financiers pour les auteurs qui les ont séduits. Pas de factures après un « oui, nous vous éditerons », pas de « frais annexes ». Des gens droits.
L’épine qui gratouille ? Une équipe réduite, et donc un accompagnement des auteurs, dans leur promotion, à parfaire, et le site Internet qui nous ramène dans les années 90…

Kusoma groupe :

Découvert grâce à un de mes contacts Facebook. Grâce soit rendue à Zuckerberg. Manifestement piloté par des jeunes passionnés basés – semble-t-il – en Afrique, cette structure d’édition n’est encore qu’un nourrisson à la production marginale. Mais je me suis promis que je réussirai à collaborer avec eux, car ils ont tout compris.
Politique de prix : des livres entre 2500 et 3000 fr CFA, à la portée de n’importe quel étudiant sur le continent. Et, convertis en euros, les livres ont un prix absolument raisonnable !
La diffusion : Kusoma est d’abord un éditeur e-book et donc s’exonère des soucis de diffusion.
La technologie : J’ai fait une tentative d’achat et j’ai été bluffé… 4 modes de paiement avec des plateformes éprouvées : Transfert d’argent via Wari ou Nafa Express. Paiement via mobile grâce à OrangeMoney ou, enoyé sur le site Amazon pour les acheteurs européens plus « traditionnels ». Multiplicité de moyen de paiement.
Et surtout, la qualité du site Internet… punaise ! Ce site est plus « up-to-date » que celui des plus grand éditeurs de la place et c’est un vrai plaisir d’y naviguer.
Talon d’Achille : La jeunesse, donc une offre plus que réduite (5 livres) et dont les 4ème de couverture ne m’ont pas inspiré du tout. Sans aucun doute, le temps aidera à gommer ce détail.

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